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Santé et coûts

Franchise ou prime: que choisir quand les soins restent rares?

Une lectrice nous demande s'il vaut mieux une franchise élevée ou une prime plus haute. Réponse brève, avec les points à vérifier avant de modifier quoi que ce soit.

Camille Rochat

5 min de lecture

Franchise ou prime: que choisir quand les soins restent rares?

La question posée par une lectrice

Une lectrice de la région de Fribourg nous écrit en ce début d'automne: elle consulte rarement un médecin, ses primes lui paraissent lourdes et elle se demande si une franchise plus haute serait plus raisonnable. La question revient souvent dans notre courrier, surtout quand arrivent les courriers annonçant les nouvelles primes.

Nous y répondons ici de façon brève, sans prétendre trancher à la place de chaque lecteur. La bonne réponse dépend de ce que vous dépensez réellement en soins sur une année, de votre marge de sécurité financière et de votre état de santé actuel. Le but est de vous donner la méthode, pas une recette.

Précisons d'emblée que nous ne citons aucun chiffre de prime ou de franchise valable pour tous: ils changent selon l'assureur, le canton, l'âge et le modèle choisi.

Ce que change vraiment une franchise plus haute

La franchise est la somme que vous payez de votre poche chaque année avant que l'assurance de base ne rembourse sa part. Plus elle est haute, plus la prime mensuelle baisse, mais plus vous avancez d'argent en cas de soins. Après la franchise, une quote-part reste à votre charge, dans une limite annuelle fixée.

L'économie sur la prime est certaine, la dépense en soins ne l'est pas. Choisir une franchise haute revient donc à parier que vous ne dépasserez pas un certain niveau de frais. Ce pari se calcule: il suffit de comparer l'économie annuelle sur les primes avec la somme que vous pourriez devoir avancer.

Une année sans consultation vous profite. Une année avec une hospitalisation ou un traitement suivi peut annuler plusieurs années d'économies.

  • Prime plus basse chaque mois, avec une franchise plus haute
  • Risque de devoir avancer une somme importante en cas de maladie
  • Quote-part annuelle plafonnée, à ajouter à la franchise

Faire le calcul avec vos propres factures

Reprenez vos décomptes de l'an dernier et additionnez ce que l'assurance vous a facturé: consultations, médicaments, analyses, physiothérapie. Si ce total reste très en dessous de votre franchise actuelle, vous n'avez presque rien reçu de votre assurance au-delà de la couverture de base, et une franchise plus haute mérite d'être étudiée.

Si au contraire vos frais approchent régulièrement votre franchise, la hausser ne vous rapportera sans doute rien. Pensez aussi aux soins prévus: une opération programmée, une grossesse, un traitement dentaire ou un suivi chronique changent le calcul.

Un tableau simple suffit: économie annuelle sur la prime d'un côté, supplément de franchise de l'autre. Si l'économie ne couvre qu'une faible part de ce supplément, le gain est mince.

Le critère que l'on oublie: la trésorerie

Un calcul favorable sur le papier ne suffit pas. La vraie question est de savoir si vous pourriez payer la franchise maximale d'un seul coup, sans devoir renoncer à des soins ou vous endetter. Certaines personnes retardent une consultation parce que la franchise est haute: c'est le piège le plus fréquent.

Si une dépense soudaine de cette taille vous mettrait en difficulté, une franchise plus basse reste une protection, même si la prime est plus chère. Elle fonctionne alors comme un coussin qui lisse vos dépenses sur douze mois.

Dans ce cas, mieux vaut une prime plus élevée et la sérénité qui l'accompagne qu'une économie qui vous pousse à repousser des soins nécessaires.

Les démarches et les délais à ne pas manquer

Le changement de franchise se demande par écrit à votre assureur, et il est possible vers une franchise plus haute avec un délai de résiliation à respecter avant la fin de l'année. Passer à une franchise plus basse est en revanche soumis à des conditions plus strictes, ce qui rend le choix de la hausse moins réversible.

Gardez donc une copie de votre courrier et demandez une confirmation écrite. Prenez le temps de lire la lettre d'annonce des nouvelles primes, qui indique en général la marche à suivre et la date limite.

En cas de doute sur un délai ou sur un montant, appeler le service clientèle de votre assureur et noter le nom de la personne et la date de l'appel est un réflexe utile.

  • Demande écrite, avec copie conservée
  • Confirmation de l'assureur à réclamer
  • Date limite figurant sur la lettre annonçant les primes

Notre réponse à la lectrice

À notre lectrice, nous répondons ceci: si ses frais annuels restent nettement sous sa franchise actuelle et si elle peut régler sans peine la franchise plus haute en cas d'imprévu, passer au niveau supérieur est raisonnable. Si l'une de ces deux conditions manque, il vaut mieux ne rien changer.

Cette réponse vaut pour une situation comme la sienne, pas pour toutes. Chaque foyer a ses contraintes, et un calcul sur ses propres factures reste la seule base solide.

Nous reviendrons dans cette rubrique sur d'autres questions de lecteurs liées aux factures de santé.

Choisir sa franchise, c'est comparer une économie certaine à un risque que l'on connaît mal. Vos décomptes de l'an dernier, vos soins prévus et votre capacité à avancer une somme d'un coup donnent la réponse mieux qu'une règle générale. Si vous hésitez, gardez la franchise actuelle: elle protège plus qu'elle ne coûte. Posez vos questions à la rédaction, nous choisirons les plus utiles à d'autres lecteurs.

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